Système français

Réforme des retraites 2023 : Tout ce qui change et comment s'adapter

La réforme des retraites 2023 repousse l'âge légal à 64 ans et accélère l'allongement de la durée de cotisation. Découvrez les impacts concrets selon votre année de naissance et les stratégies pour vous adapter.

David Pavlovschii
|
|
Mis à jour le 6 janvier 2026
|
21 min de lecture
|
1 975 mots
Calendrier de la réforme des retraites 2023 avec les nouvelles règles par génération

Réforme des retraites 2023 : Le guide complet pour comprendre et s'adapter#

La réforme des retraites promulguée le 14 avril 2023 constitue le changement le plus significatif du système de retraite français depuis 2010. Avec le report progressif de l'âge légal de départ de 62 à 64 ans et l'accélération de l'allongement de la durée de cotisation à 43 ans, cette réforme impacte des millions de Français.

Ce guide exhaustif analyse chaque aspect de la réforme : les changements concrets selon votre génération, l'impact financier réel de travailler 2 ans de plus, les nouvelles règles pour les carrières longues, et surtout les stratégies pour minimiser l'impact sur votre situation personnelle.

Important

**Mise à jour janvier 2026** : Ce guide intègre toutes les évolutions réglementaires depuis la promulgation de la loi, y compris les décrets d'application et les premières statistiques de mise en œuvre.

Réforme des retraites 2023 : ce qui change concrètement - Le Monde


Les changements majeurs de la réforme 2023#

La réforme repose sur deux piliers principaux qui modifient structurellement les conditions de départ à la retraite.

Le changement le plus emblématique concerne l'âge légal de départ, qui passe progressivement de 62 à 64 ans. Cette évolution s'étale sur 8 ans, à raison de 3 mois supplémentaires par génération.

Année de naissanceÂge légal avant réformeÂge légal après réformeDifférence
Avant sept. 196162 ans62 ans0
Sept. - Déc. 196162 ans62 ans et 3 mois+3 mois
196262 ans62 ans et 6 mois+6 mois
196362 ans62 ans et 9 mois+9 mois
196462 ans63 ans+1 an
196562 ans63 ans et 3 mois+1 an 3 mois
196662 ans63 ans et 6 mois+1 an 6 mois
196762 ans63 ans et 9 mois+1 an 9 mois
1968 et après62 ans64 ans+2 ans

Consultez le calendrier officiel sur Service-Public.fr

L'accélération de la durée de cotisation à 43 ans#

La réforme Touraine de 2014 prévoyait déjà un allongement progressif de la durée de cotisation à 43 ans (172 trimestres), mais avec une échéance en 2035. La réforme 2023 accélère ce calendrier pour atteindre les 43 ans dès 2027.

Année de naissanceTrimestres requis avantTrimestres requis aprèsDurée de cotisation
196116816942 ans et 3 mois
196216816942 ans et 3 mois
196316817042 ans et 6 mois
196416917142 ans et 9 mois
196516917243 ans
196616917243 ans
196717017243 ans
1968+17017243 ans

Information

**Double peine pour certaines générations** : Les personnes nées en 1964-1965 subissent à la fois le report de l'âge légal ET l'augmentation du nombre de trimestres requis, ce qui peut décaler leur départ de plusieurs années.

L'âge d'annulation de la décote maintenu à 67 ans#

Bonne nouvelle : l'âge d'annulation de la décote reste fixé à 67 ans. Cela signifie que même sans avoir cotisé tous les trimestres requis, vous pouvez partir à 67 ans avec une pension à taux plein (50% du salaire de référence).

Cette règle protège particulièrement :

  • Les femmes aux carrières discontinues (congés maternité, temps partiel)
  • Les personnes ayant commencé à travailler tard (études longues)
  • Les travailleurs ayant connu des périodes de chômage non indemnisé

Impact par génération : Analyse détaillée#

Génération 1961 (nés entre septembre et décembre)#

Situation : Première génération touchée, avec un impact limité.

  • Âge légal : 62 ans et 3 mois (au lieu de 62 ans)
  • Trimestres requis : 169 (au lieu de 168)
  • Impact moyen : Report de 3 à 6 mois du départ effectif

Exemple concret : Marie, née en octobre 1961, avait prévu de partir en octobre 2023 à 62 ans avec 168 trimestres. Elle doit désormais attendre janvier 2024 (62 ans et 3 mois) et aura besoin de 169 trimestres pour le taux plein.

Génération 1962#

Situation : Impact modéré mais significatif.

  • Âge légal : 62 ans et 6 mois
  • Trimestres requis : 169
  • Impact moyen : Report de 6 mois à 1 an

Génération 1963#

Situation : Génération charnière avec accélération notable.

  • Âge légal : 62 ans et 9 mois
  • Trimestres requis : 170 (1,5 trimestre de plus que prévu)
  • Impact moyen : Report de 9 mois à 1 an et demi

Génération 1964 : La plus impactée ?#

Situation : Cette génération cumule tous les effets de la réforme.

  • Âge légal : 63 ans (le cap symbolique est franchi)
  • Trimestres requis : 171 (2 trimestres de plus que prévu)
  • Impact moyen : Report de 1 à 2 ans selon la situation individuelle

Exemple concret : Pierre, né en 1964, cadre avec un salaire de 5 000 € brut, avait prévu de partir à 62 ans en 2026 avec 169 trimestres. La réforme lui impose :

  1. D'attendre 63 ans (donc 2027)
  2. De cotiser 171 trimestres (2 de plus)
  3. Résultat : départ probable en 2027-2028 au lieu de 2026

Simulation détaillée pour les personnes ayant 40 ans aujourd'hui

Génération 1965-1967 : Transition progressive vers 64 ans#

Ces générations voient l'âge légal augmenter de 3 mois par an jusqu'à atteindre les 64 ans pour la génération 1968.

GénérationÂge légalAnnée de départ possible
196563 ans 3 mois2028
196663 ans 6 mois2029-2030
196763 ans 9 mois2030-2031

Simulations par tranche d'âge : 35 ans | 40 ans | 50 ans | 55 ans

Génération 1968 et après : Le nouveau régime permanent#

Situation : Application complète de la réforme.

  • Âge légal : 64 ans
  • Trimestres requis : 172 (43 ans de cotisation)
  • Âge taux plein automatique : 67 ans

Ce que cela signifie pour les trentenaires d'aujourd'hui


L'impact financier réel : Combien vous perdez#

Au-delà des années supplémentaires à travailler, la réforme a un impact financier mesurable qu'il est essentiel de quantifier.

Le calcul du coût de 2 années supplémentaires#

Travailler 2 ans de plus implique trois effets financiers distincts :

1. Cotisations supplémentaires versées

Sur un salaire de 3 000 € brut mensuel, les cotisations retraite représentent environ 25% du superbrut (salaire + charges patronales), soit environ 900 € par mois ou 21 600 € sur 2 ans.

Salaire brut mensuelCotisations sur 2 ans
2 000 € (SMIC+)~14 400 €
3 000 € (médian)~21 600 €
5 000 € (cadre)~36 000 €
8 000 € (cadre sup)~57 600 €

Consultez les simulations par niveau de salaire : 2 000 € | 3 000 € | 5 000 € | 8 000 €

2. Pension non perçue pendant 2 ans

Si votre pension devait être de 1 500 € net par mois, ne pas la percevoir pendant 2 ans représente 36 000 € de manque à gagner.

3. Capitalisation perdue

Ces sommes auraient pu être investies. À 7% de rendement annuel (moyenne historique des marchés actions), 36 000 € sur 20 ans génèreraient 103 000 € supplémentaires.

Calcul du préjudice total par profil#

ProfilCotisations 2 ansPension perdue 2 ansTotal perte sèche
SMIC14 400 €24 000 €38 400 €
Salaire médian21 600 €32 400 €54 000 €
Cadre (5 000 €)36 000 €48 000 €84 000 €
Cadre sup (8 000 €)57 600 €60 000 €117 600 €

Attention

**Ce que ces chiffres ne montrent pas** : L'impact psychologique et sur la santé de travailler 2 ans de plus, notamment pour les métiers pénibles. Les études montrent une corrélation entre départ tardif et mortalité accrue dans les premières années de retraite.

Comparez les scénarios de départ à 62 vs 64 ans

La décote : Un piège coûteux#

Si vous partez sans avoir tous vos trimestres, une décote de 1,25% par trimestre manquant s'applique, plafonnée à 20 trimestres (soit 25% maximum).

Exemple : Paul, né en 1964, veut partir à 63 ans avec 165 trimestres au lieu des 171 requis.

  • Trimestres manquants : 6
  • Décote : 6 × 1,25% = 7,5%
  • Sur une pension de 1 800 €/mois : perte de 135 €/mois, soit 1 620 €/an à vie

Calculez votre décote potentielle sur Info-Retraite


Le dispositif carrières longues réformé#

La réforme modifie substantiellement le dispositif permettant aux personnes ayant commencé à travailler jeunes de partir avant l'âge légal.

Les 4 nouvelles bornes d'âge#

Le système passe de 2 à 4 bornes d'âge de départ anticipé :

Début d'activitéÂge de départ possibleConditions
Avant 16 ans58 ansTous trimestres + 4
Avant 18 ans60 ansTous trimestres + 4
Avant 20 ans62 ansTous trimestres + 4
Avant 21 ans63 ansTous trimestres + 4

Conditions détaillées#

Pour bénéficier du dispositif carrières longues, vous devez :

  1. Avoir commencé à travailler avant l'âge requis

    • 5 trimestres cotisés avant la fin de l'année civile des 16, 18, 20 ou 21 ans
    • 4 trimestres si vous êtes né au 4ème trimestre
  2. Avoir cotisé la durée requise + 4 trimestres

    • Pour la génération 1968 : 172 + 4 = 176 trimestres minimum
    • Ces trimestres doivent être « cotisés » (pas seulement validés)
  3. Trimestres pris en compte

    • Trimestres cotisés (travail effectif)
    • Trimestres de service national (4 max)
    • Trimestres de maternité (tous)
    • Trimestres d'invalidité (4 max)
    • Trimestres de chômage (4 max)

Information

**Attention aux trimestres « réputés cotisés »** : Les périodes de chômage, maladie et maternité ne comptent que dans la limite de 4 trimestres chacune pour les carrières longues. Au-delà, ils sont validés mais pas « cotisés ».

Exemple : Sophie, née en 1970, a commencé à 17 ans#

  • Début d'activité : Septembre 1987 (17 ans)
  • Borne applicable : Avant 18 ans → départ possible à 60 ans
  • Trimestres requis : 172 + 4 = 176 trimestres cotisés
  • Calcul : De 1987 à 2030 = 43 ans = 172 trimestres + périodes assimilées
  • Résultat : Sophie peut partir à 60 ans en 2030 si elle a bien 176 trimestres cotisés

Comparez l'impact pour les jeunes actifs : 20 ans | 25 ans

Conditions détaillées des carrières longues sur Service-Public.fr


Le minimum contributif revalorisé#

L'une des mesures les plus médiatisées de la réforme est la revalorisation du minimum contributif à 1 200 € brut pour une carrière complète.

Ce que dit vraiment la mesure#

Le minimum contributif garantit une pension plancher aux personnes ayant effectué une carrière complète à bas salaires. Après la réforme :

  • Montant brut : 1 200 € par mois (environ 1 100 € net)
  • Condition : Carrière complète (172 trimestres) au SMIC ou proche
  • Application : Nouveaux retraités à partir du 1er septembre 2023

Simulation pour le SMIC : voir la page 1 800 €

Qui est vraiment concerné ?#

Le minimum contributif s'applique aux personnes qui :

  1. Ont une carrière complète
  2. Ont toujours cotisé sur de faibles salaires
  3. Se retrouveraient avec une pension inférieure à 1 200 € brut

Profils types :

  • Employés à temps partiel subi pendant toute leur carrière
  • Travailleurs agricoles
  • Aides à domicile
  • Certains artisans et commerçants

Attention aux idées reçues#

Attention

**Ce que le minimum contributif n'est PAS** : - Ce n'est pas une pension universelle de 1 200 € - Il ne s'applique pas aux carrières incomplètes (proratisation) - Il ne concerne pas les retraités actuels (pas de revalorisation rétroactive massive) - Les 1 200 € incluent la complémentaire (pas que le régime de base)

Calcul pour une carrière incomplète#

Si vous n'avez que 140 trimestres au lieu de 172, le minimum contributif est proratisé :

  • Minimum théorique : 1 200 €
  • Proratisation : 140/172 = 81,4%
  • Minimum réel : 1 200 × 0,814 = 977 € brut

Les régimes spéciaux : Un calendrier différé#

La réforme 2023 entérine la fermeture des régimes spéciaux pour les nouveaux entrants, tout en prévoyant une convergence progressive vers le régime général.

Régimes concernés et calendrier#

RégimeÂge actuelÂge cibleÉchéance
RATP52-57 ans54-59 ans2032
Industries électriques et gazières52-57 ans54-59 ans2032
Banque de France60 ans62-64 ans2035
Clercs de notaires60 ans62-64 ans2032

La clause du grand-père#

Les régimes spéciaux bénéficient d'une « clause du grand-père » :

  • Les agents déjà en poste conservent leurs droits acquis
  • Seuls les nouveaux entrants (après le 1er septembre 2023) relèvent du régime général
  • La transition s'étalera sur 30-40 ans

Analyse complète de la réforme sur Vie-Publique.fr


La surcote parentale : Une nouveauté pour les mères#

La réforme introduit une surcote spécifique pour les parents (principalement les mères) ayant atteint le taux plein avant l'âge légal grâce aux trimestres de majoration pour enfants.

Conditions d'éligibilité#

  • Avoir atteint le taux plein au moins un an avant l'âge légal
  • Grâce aux trimestres de majoration pour enfants (8 par enfant)
  • Continuer à travailler jusqu'à l'âge légal

Montant de la surcote#

  • 1,25% par trimestre travaillé entre l'obtention du taux plein et l'âge légal
  • Maximum : 5% (4 trimestres = 1 an)

Exemple : Nathalie, née en 1968, 3 enfants#

  • Trimestres carrière : 148 à 63 ans
  • Trimestres enfants : 3 × 8 = 24
  • Total : 172 trimestres (taux plein atteint)
  • Âge légal : 64 ans
  • Si Nathalie travaille de 63 à 64 ans : surcote de 5%
  • Sur une pension de 1 400 € : +70 €/mois à vie

Stratégies d'adaptation selon votre situation#

Face à la réforme, plusieurs stratégies permettent de limiter l'impact ou d'optimiser votre situation.

Stratégie 1 : Rachat de trimestres#

Le rachat de trimestres permet de combler des années d'études supérieures ou des périodes sans cotisation. Voir les impacts selon votre âge : à 45 ans | à 50 ans | à 55 ans.

Avantages :

  • Permet d'avancer la date de départ
  • Déductible des revenus imposables
  • Peut éviter une décote coûteuse

Coût :

  • Entre 3 000 € et 7 000 € par trimestre selon l'âge et le revenu
  • Plus avantageux de racheter jeune

Simulateur de rachat de trimestres

Stratégie 2 : Cumul emploi-retraite#

La réforme facilite le cumul emploi-retraite en permettant d'acquérir de nouveaux droits à pension pendant cette période.

Nouveautés 2023 :

  • Les cotisations versées en cumul créent de nouveaux droits
  • Possibilité d'améliorer sa pension après le premier départ
  • Pas de plafond de revenus si départ au taux plein

Stratégie 3 : Retraite progressive#

La retraite progressive permet de réduire son activité tout en percevant une partie de sa pension dès 60 ans (sous conditions).

Fonctionnement :

  • Temps partiel entre 40% et 80% de la durée légale
  • Perception de 20% à 60% de la pension
  • Poursuite de l'acquisition de trimestres

Nouveauté réforme : Étendue aux cadres au forfait jours

Stratégie 4 : Capitalisation complémentaire#

Face à l'érosion du système par répartition, constituer un capital personnel devient crucial.

Comparaison détaillée : Répartition vs Capitalisation

Véhicules recommandés :

  • PEA : Fiscalité avantageuse après 5 ans, idéal pour ETF monde
  • Assurance-vie : Transmission facilitée, fonds euros sécurisés
  • PER : Déduction à l'entrée, mais capital bloqué jusqu'à la retraite

Simulation complète pour un salaire de 3 000 €


La réforme et les régimes spéciaux#

Quels régimes sont concernés ?#

La réforme 2023 a mis fin à la plupart des régimes spéciaux pour les nouveaux entrants, avec une fermeture progressive :

Régimes fermés aux nouveaux entrants (depuis le 1er septembre 2023) :

  • RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens)
  • Industries électriques et gazières (EDF, Engie)
  • Clercs et employés de notaires
  • Banque de France
  • Membres du Conseil économique, social et environnemental

Régimes maintenus (avec ajustements) :

  • Fonction publique (État, territoriale, hospitalière)
  • Régimes autonomes (avocats, médecins, etc.)
  • Régime des marins
  • Opéra de Paris, Comédie-Française (effectifs très limités)

Impact sur les fonctionnaires#

Les fonctionnaires sont soumis aux mêmes règles d'âge légal que le régime général :

CatégorieÂge légal avantÂge légal aprèsSpécificité
Sédentaire62 ans64 ansAlignement complet
Active (police, pompiers...)57 ans59 ansReport de 2 ans
Super-active (égoutiers...)52 ans54 ansReport de 2 ans

Les fonctionnaires catégorie active bénéficient toujours d'un départ anticipé, mais celui-ci est également reporté de 2 ans :

  • Police nationale : 59 ans (au lieu de 57)
  • Surveillants pénitentiaires : 59 ans
  • Contrôleurs aériens : 59 ans
  • Pompiers professionnels : 59 ans

Le cas particulier de la RATP#

Le personnel de la RATP a fait l'objet de nombreux débats. Voici les nouvelles règles pour les agents entrés avant le 1er septembre 2023 :

Agents de conduite (métro, RER) :

  • Âge de départ actuel : 50 ans et 4 mois
  • Transition progressive vers 52 ans d'ici 2032
  • Les nouveaux entrants : régime général à 64 ans

Agents d'exploitation :

  • Âge actuel : 55 ans et 4 mois
  • Transition vers 57 ans d'ici 2032

Régimes spéciaux de retraite sur Service-Public.fr

Professions libérales et indépendants#

Les professions libérales (médecins, avocats, architectes, etc.) avec leurs caisses autonomes voient également l'âge légal évoluer :

  • Âge légal : Aligné sur 64 ans
  • Durée de cotisation : 172 trimestres (43 ans)
  • Spécificité : Complémentaires gérées par les caisses professionnelles

Les artisans et commerçants (SSI, ex-RSI) suivent désormais les mêmes règles que le régime général.


Impact par profession : Exemples concrets#

Enseignants#

Situation type : Entrée à 25 ans après études + concours

GénérationÂge départ possibleDurée de carrièrePension estimée
196362 ans 9 mois38 ans~2 100 €
196864 ans39 ans~2 000 €

Impact réforme : 1 an à 1 an 6 mois de travail supplémentaire, pension légèrement réduite (moins d'années de revalorisation).

Infirmiers#

Situation type : Entrée à 22 ans, catégorie active (hospitalier)

GénérationÂge départ possibleDurée de carrière
1963 (sédentaire)62 ans 9 mois40 ans 9 mois
1968 (actif)59 ans37 ans

Impact réforme : Report de 2 ans, maintien du statut actif pour l'hospitalier.

Simulation retraite infirmier détaillée

Cadres du privé#

Situation type : Entrée à 25 ans après grandes écoles

SalaireÂge départPension estiméeTaux remplacement
5 000 € brut64 ans~2 500 € net50%
8 000 € brut64 ans~3 200 € net40%

Impact réforme : 2 ans de plus, mais aussi 2 ans de cotisations supplémentaires au rendement décroissant.

Simulation cadre à 5 000 € brut

Ouvriers en carrière longue#

Situation type : Entrée à 18 ans en apprentissage

GénérationAncien dispositifNouveau dispositifImpact
1963Départ à 60 ansDépart à 60 ansMaintien
1968Départ à 60 ansDépart à 60 ansMaintien

Bonne nouvelle : Pour ceux ayant commencé avant 18 ans, le départ à 60 ans reste possible avec 172 trimestres cotisés + 4.


Timeline de mise en œuvre#

2023 : Premières mesures#

  • 14 avril 2023 : Promulgation de la loi
  • 1er septembre 2023 : Entrée en vigueur
  • Premières générations impactées : nés à partir de septembre 1961
  • Minimum contributif porté à 1 200 € pour les nouveaux liquidants
  • Fermeture des régimes spéciaux aux nouveaux entrants

2024-2026 : Montée en puissance#

  • Report progressif de l'âge légal (3 mois par génération)
  • Accélération du passage à 172 trimestres
  • Application aux régimes spéciaux en transition

2027-2030 : Régime de croisière#

  • Atteinte des 43 ans de cotisation pour tous
  • Âge légal à 64 ans stabilisé
  • Évaluation prévue et ajustements potentiels

Au-delà de 2030#

  • Clause de revoyure tous les 4 ans
  • Ajustements selon équilibre financier
  • Possibilité de nouvelles réformes

Texte de loi sur Légifrance


Les recours et contestations possibles#

Demande de départ anticipé pour handicap#

Les personnes en situation de handicap (taux d'incapacité ≥ 50%) peuvent toujours partir avant l'âge légal sous conditions spécifiques.

Demande au titre de la pénibilité (C2P)#

Le Compte Professionnel de Prévention permet d'anticiper le départ grâce aux points accumulés pour exposition aux facteurs de pénibilité.

Facteurs pris en compte :

  • Travail de nuit
  • Travail en équipes successives alternantes
  • Travail répétitif
  • Bruit, températures extrêmes
  • Postures pénibles, manutention

Invalidité et inaptitude#

Les personnes reconnues invalides ou inaptes au travail peuvent toujours partir à 62 ans avec le taux plein automatique.


Ce qui pourrait encore changer#

La réforme 2023 n'est probablement pas la dernière. Plusieurs évolutions sont possibles à moyen terme.

Scénarios évoqués par le COR#

Le Conseil d'Orientation des Retraites envisage plusieurs pistes :

  • Report de l'âge légal à 65 ans (voire 66 ans)
  • Passage à 44 ans de cotisation
  • Désindexation partielle des pensions

La pression démographique#

En 2025, le ratio est de 1,7 actif par retraité. Les projections prévoient :

  • 1,5 actif par retraité en 2040
  • 1,3 actif par retraité en 2060

Rapports prospectifs du Conseil d'Orientation des Retraites

Le modèle suédois comme inspiration ?#

Plusieurs économistes proposent de s'inspirer du système suédois :

  • Part de capitalisation obligatoire
  • Comptes notionnels individuels
  • Ajustement automatique selon l'espérance de vie

Conclusion : S'adapter activement plutôt que subir#

La réforme des retraites 2023 représente un tournant majeur qui impactera des millions de Français pendant les décennies à venir. Si les changements sont désormais actés, votre marge de manœuvre reste significative.

Actions immédiates à entreprendre :

  1. Consultez votre relevé de carrière sur Info-Retraite.fr pour connaître votre situation exacte

  2. Simulez différents scénarios avec notre outil pour mesurer l'impact sur votre cas personnel

  3. Évaluez les dispositifs d'anticipation : carrières longues, rachat de trimestres, pénibilité

  4. Commencez ou renforcez votre épargne via PEA, assurance-vie ou PER

La réforme rappelle une vérité fondamentale : le système par répartition ne peut garantir votre niveau de vie à la retraite. Seule une stratégie personnelle combinant optimisation des droits et constitution d'un capital vous permettra d'aborder cette étape sereinement.

Conseil

**Prochaine étape** : Utilisez notre simulateur pour calculer précisément combien vous pourriez accumuler en investissant vos cotisations plutôt qu'en les versant dans le système par répartition.

Lancer une simulation personnalisée


#réforme retraites#âge légal#64 ans#carrières longues#minimum contributif#trimestres

Simulez votre retraite

Découvrez combien vous perdez chaque mois avec le système par répartition.

Lancer la simulation