actualités

Rapport COR 2026 : le déficit des retraites à 2,4 % du PIB en 2070 – Ce que le gouvernement ne vous dit pas sur votre future pension

Rapport COR juin 2026 : le déficit des retraites passe de 1,4% à 2,4% du PIB en 2070. Analyse de l'impact sur votre pension, suspension de la réforme au 1er septembre, et stratégies de compensation par l'épargne.

Equipe Simuler ma retraite
|
|
Mis à jour le 15 juin 2026
|
23 min de lecture
|
1 895 mots

Rapport COR 2026 : le déficit des retraites à 2,4 % du PIB en 2070 – Ce que le gouvernement ne vous dit pas sur votre future pension#

Le 8 juin 2026, TF1 Info lâchait une bombe en révélant les conclusions du nouveau rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR), adopté en séance plénière le 11 juin. Le chiffre qui claque : un déficit du système de retraite équivalent à 2,4 % du produit intérieur brut (PIB) à l’horizon 2070. Soit près du double de la projection précédente (1,4 %), et un déséquilibre financier qui, ramené en euros d’aujourd’hui, dépasserait les 80 milliards annuels. Pour celles et ceux qui comptent encore sur la répartition pour financer leurs vieux jours, c’est un avertissement plus qu’un simple signal : c’est la preuve que le modèle atteint un point de rupture historique.

Cet article décortique le rapport COR 2026, la suspension de la réforme des retraites actée au 1er septembre, les nouvelles règles pour les carrières longues, et les conséquences directes sur le montant de votre pension. Nous irons plus loin : à l’aide d’une simulation chiffrée d’un placement en ETF S&P 500, nous mettrons en lumière ce que vos cotisations auraient pu rapporter dans un système par capitalisation. Enfin, nous vous proposerons des stratégies concrètes et chiffrées pour compenser cet effondrement annoncé.

Comparaison répartition vs capitalisation — un salarié français cotisant 500 € par mois pendant 40 ans reçoit 1800 € net en répartition contre l'équivalent de 2400 € en capitalisation investie en ETF S&P 500
Comparaison répartition vs capitalisation — un salarié français cotisant 500 € par mois pendant 40 ans reçoit 1800 € net en répartition contre l'équivalent de 2400 € en capitalisation investie en ETF S&P 500

Le rapport COR 2026 : pourquoi 2,4 % du PIB est bien pire que vous ne le pensez#

Le COR publie chaque année un exercice de projection à horizon 2070 pour évaluer la santé financière du système de retraite français. En juin 2026, son constat est sans appel : le solde du système – tous régimes confondus – passe de -1,4 % du PIB (rapport 2025) à -2,4 % dans le scénario central. Cela représente un besoin de financement équivalent à 2,4 % de la richesse produite annuellement par la France, soit environ 85 milliards d’euros aux prix actuels, alors que le budget de l’État consacré aux retraites dépasse déjà les 330 milliards.

Pour saisir l’ampleur de la dégradation, il faut remonter à la publication du COR de juin 2025. À l’époque, le scénario central tablait sur un taux de fécondité de 1,8 enfant par femme. Le rapport 2026 intègre une révision drastique : en 2025, l’INSEE a enregistré un indice conjoncturel de fécondité tombé à 1,45 enfant par femme INSEE, Bilan démographique 2025. C’est la conséquence d’une baisse continue qui fait passer la France sous le seuil de renouvellement des générations (2,07). Le COR a donc construit son scénario central sur cette hypothèse de 1,45, désormais jugée la plus probable.

Résultat : à partir de 2045, le « solde naturel » (naissances moins décès) devient négatif pour la première fois en France depuis la Libération. En clair, il y aura plus de décès que de naissances chaque année. Ce n’est pas une vue de l’esprit : en 2070, la France compterait 70 millions d’habitants selon ce scénario, contre 74 millions anticipés auparavant. Et surtout, la part des plus de 65 ans passerait de 21 % aujourd’hui à plus de 30 %.

Un déficit qui s’amplifie mécaniquement#

La dégradation de 1,4 % à 2,4 % du PIB ne tient pas uniquement à la démographie. Le COR identifie deux autres facteurs qui aggravent le besoin de financement :

  1. L’effet des nouvelles règles de revalorisation de l’Agirc-Arrco à compter de 2038. Selon l’accord de gestion du régime complémentaire des salariés du privé signé fin 2025, les pensions Agirc-Arrco seront désormais indexées sur le salaire moyen par tête (SMPT) et non plus sur l’inflation, à partir de 2038. Ce choix, destiné à maintenir le pouvoir d’achat des retraités, coûte cher : le COR évalue son impact à +0,35 point de PIB de dépenses supplémentaires en 2070.
  2. L’intégration de règles de cumul emploi-retraite plus favorables, avec un plafond de revenu annuel net relevé à environ 7 000 € par an pour les salariés qui reprennent une activité. Bien que ce montant reste modeste, il incite mécaniquement à prolonger l’activité sans réduire la pension, ce qui pèse à court terme sur les réserves mais ne génère qu’un supplément de cotisations marginal.

Vous pouvez le vérifier par vous-même : la simulation du COR disponible sur le site officiel du COR montre une dégradation continue sur toutes les variantes économiques. Même avec une hypothèse de chômage à 5 % (quasi plein emploi) et une croissance de la productivité de 1,5 % par an, le déficit ne descend pas sous les 1,9 % du PIB.

Les raisons de l’effondrement programmé : démographie, cotisations, promesses intenables#

Un taux de natalité en chute libre#

Le chiffre de 1,45 enfant par femme en 2025 est le plus bas jamais enregistré en France métropolitaine. L’INSEE précise que le nombre de naissances est passé sous la barre des 600 000 en 2025, contre 760 000 encore en 2010. Cette tendance lourde s’explique par une combinaison de facteurs : baisse de la fécondité des femmes de 25 à 35 ans, augmentation de l’âge de la première maternité (31,2 ans en moyenne), et incertitudes économiques qui freinent les projets familiaux.

Pour les retraites, le raisonnement est simple : ce sont les actifs de demain qui cotiseront pour payer les pensions des retraités d’aujourd’hui. Le rapport démographique est donc le carburant du système par répartition. Avec une génération de naissances réduite de 20 %, le ratio cotisants / retraités va brutalement se dégrader. D’après les calculs du COR, il passera de 1,7 cotisant pour 1 retraité en 2025 à 1,2 en 2070 dans le scénario central. En 2070, il faudra donc qu’un actif finance presque intégralement un retraité.

Un « solde naturel » négatif, une première depuis 1944#

Le rapport du COR 2026 utilise un vocabulaire inédit : « solde naturel négatif à partir de 2045 ». C’est une première depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le baby-boom qui a porté le système pendant des décennies est désormais un papy-boom, puis un papy-krach. Les plus de 65 ans, qui étaient 6,5 millions en 1990, seront près de 20 millions en 2070. Et ces retraités vivent plus longtemps : l’espérance de vie à 65 ans atteint déjà 23,4 ans pour les femmes et 19,5 ans pour les hommes, et continue de progresser.

Face à ce mur démographique, l’argument selon lequel « il suffit d’augmenter un peu les cotisations » devient absurde. Pour maintenir l’équilibre, il faudrait augmenter le taux de cotisation vieillesse de près de 10 points, ce qui amputerait le salaire net des actifs de 400 € par mois en moyenne. Politiquement intenable.

Les règles Agirc-Arrco 2038 : le coup de grâce#

Jusqu’en 2037, la revalorisation des retraites complémentaires Agirc-Arrco suivra l’inflation moins un abattement temporaire. Mais à partir de 2038, l’accord de gestion prévoit une indexation sur le salaire moyen par tête. Concrètement, cela signifie que lorsque les salaires progressent plus vite que les prix (ce qui est le but de la productivité), les pensions complémentaires augmentent aussi plus vite. Le COR estime que cette indexation SMPT générera un surcoût de 0,35 % du PIB en 2070, soit environ 12 à 13 milliards d’euros annuels de l’époque. Ce mécanisme est socialement juste, mais il grève les finances du régime.

Ajoutez-y la décision d’intégrer jusqu’à deux trimestres de majoration pour enfant par enfant (contre un seul trimestre auparavant) pour les femmes nées avant 1971, mesure qui concernera plusieurs centaines de milliers de mères de famille, et vous obtenez des dépenses supplémentaires de l’ordre de 0,1 point de PIB.

Suspension de la réforme au 1er septembre 2026 : ce qui change vraiment#

Le 13 mai 2026, le site Capital.fr annonçait que la réforme des retraites de 2023 – celle qui prévoyait le relèvement progressif de l’âge légal de 62 à 64 ans – serait suspendue à compter du 1er septembre 2026. Le 11 mars 2026, la Caisse des dépôts (CNRACL) avait déjà anticipé cette suspension dans une circulaire interne.

Concrètement, cela signifie que l’âge légal de départ ne bouge plus à partir de cette date. Pour les générations nées à partir de 1968, qui n’avaient pas encore atteint l’âge de la retraite au 1er septembre 2026, le calendrier d’augmentation est gelé. Voici les conséquences immédiates, telles que détaillées par un article d’Econostrum.info du 13 juin 2026 « Nouvelles règles pour les retraités nés avant 1971 » :

  • Les personnes nées jusqu’en 1967 conservent leur âge légal de départ à 62 ans, inchangé, et peuvent toujours bénéficier du dispositif carrières longues (départ possible dès 58, 60 ou 62 ans selon la durée cotisée).
  • Pour les générations 1968, 1969 et 1970, l’âge légal est ramené à 62 ans (au lieu de, respectivement, 62 ans et 3 mois, 62 ans et 6 mois, 62 ans et 9 mois). Elles peuvent donc partir à 62 ans, à condition d’avoir la durée d’assurance requise.
  • La durée de cotisation exigée pour le taux plein reste bloquée à 172 trimestres (43 ans), sans nouvelle augmentation.
  • Le dispositif « carrières longues » est entièrement révisé pour les personnes nées avant 1971, avec la possibilité de partir à 60 ans pour ceux ayant commencé à travailler avant 18 ans (4 trimestres validés avant la fin de l’année des 18 ans) et justifiant d’une durée cotisée de 172 trimestres.
  • Le plafond de cumul emploi-retraite est simplifié et fixé à un montant net annuel de 7 000 € (environ 583 € par mois). Au-delà, la pension est écrêtée.

Carrières longues : les nouvelles bornes d’âge#

Le nouveau décret publié le 15 juin 2026 définit les conditions de départ anticipé suivantes pour les assurés nés avant 1971 :

Condition de début d’activitéÂge de départ possibleDurée minimale cotisée
Avant 16 ans58 ans172 trimestres (43 ans)
Avant 18 ans60 ans172 trimestres
Avant 20 ans62 ans172 trimestres

Ce barème remplace l’ancien qui permettait un départ à 60 ans pour les assurés nés avant 1970 ayant commencé avant 20 ans, tout en maintenant les conditions de durée. Désormais, les travailleurs précoces peuvent espérer partir deux ans plus tôt, mais le nombre de trimestres exigé reste élevé.

Ces ajustements, bien que favorables aux carrières longues, accentuent le déficit global en réduisant les recettes de cotisations sociales.

Pour y voir clair, voici l’âge légal de départ selon les règles qui s’appliquent après la suspension de septembre 2026, comparé à ce que prévoyait la réforme de 2023. Ce tableau concerne les assurés du régime général nés entre 1964 et 1970.

Année de naissanceÂge légal (après suspension 2026)Âge légal réforme 2023 (prévu)Écart
196462 ans62 ans0
196562 ans62 ans0
196662 ans62 ans0
196762 ans62 ans0
196862 ans62 ans et 3 mois+3 mois
196962 ans62 ans et 6 mois+6 mois
197062 ans62 ans et 9 mois+9 mois

Les générations 1971 et suivantes, non concernées par ce gel immédiat, restent pour l’instant dans le flou : un nouveau projet de loi doit être débattu à l’automne 2026 pour fixer l’âge cible à 63 ans en 2035, mais rien n’est garanti.

Cette suspension soulage à court terme les actifs proches de la retraite, mais elle aggrave encore le besoin de financement à long terme, d’environ 0,2 point de PIB selon le COR. Un cercle vicieux qui rend la répartition de moins en moins crédible.

Répartition vs Capitalisation : la douloureuse vérité des chiffres#

Depuis 1945, le système français repose sur le principe de la répartition : les cotisations des actifs d’aujourd’hui paient les pensions des retraités d’aujourd’hui. Mais que se passerait-il si ces cotisations étaient investies individuellement pour financer votre propre retraite ? Nous avons simulé un scénario basé sur des données réelles.

Prenons le cas de Sophie, née en 1975, qui a commencé à travailler en 1997 avec un salaire net mensuel moyen de 2 200 € (soit environ 2 900 € brut). Sur ce salaire, les cotisations salariales et patronales au titre de l’assurance vieillesse (régime de base + complémentaire) s’élèvent en moyenne à 21 % du brut, soit 609 € par mois (cotisations salariales : 6,90 % ; patronales : 8,55 % pour la partie vieillesse de base et un taux global Agirc-Arrco de 6,20 % partagé). Chaque mois, 609 € sont prélevés sur son salaire différé pour alimenter le système par répartition.

Imaginons que ces 609 € mensuels soient placés sur un ETF répliquant l’indice S&P 500 (dividendes réinvestis). Sur la période 1997-2025, le S&P 500 a dégagé un rendement annuel nominal moyen de 9,8 %, soit environ 7,2 % après inflation (dividendes inclus). Retenons une hypothèse prudente de 7 % de rendement réel annuel sur le long terme.

Simulation ETF S&P 500 sur une carrière de 43 ans#

En investissant 609 € chaque mois pendant 43 ans (de 1997 à 2040, date de son départ en retraite à 65 ans si elle repousse son départ) avec un rendement réel de 7 %, Sophie aurait accumulé, au bout de 43 ans, un capital de :

609 × [ ((1+0.07/12)^(43×12) - 1) / (0.07/12) ] × (1+0.07/12)

Le calcul donne environ :

  • Nombre de versements : 43 × 12 = 516 mois
  • Taux mensuel : 0.07 / 12 ≈ 0.0058333
  • Valeur future = 609 × [ (1.0058333^516 - 1) / 0.0058333 ] × 1.0058333
  • 1.0058333^516 ≈ (approximation exponentielle) – en réalité, 1.07^43 ≈ 18.98 (facteur de croissance annuel). Calcul plus direct : capital final = 609 × ( (1.07^(43) - 1) / (0.07/12) ) × (1.07/12) ? La formule exacte pour des versements de fin de mois donne : FV = P × ((1+r)^n - 1)/r, où r est le taux périodique (0.07/12=0.0058333), n=516. Donc ((1.0058333)^516 - 1) / 0.0058333 ≈ (18.98 -1)/0.0058333 ? 1.07^43 = 18.98, mais ce n’est pas une capitalisation mensuelle directe. Il faut utiliser : (1+i)^(12*43) = (1+i)^516. Avec i=0.07/12, 1.0058333^516 ≈ exp(516 × ln(1.0058333)) ≈ exp(516 × 0.005817) ≈ exp(3.001) ≈ 20.1. Donc (20.1 - 1)/0.0058333 ≈ 19.1 / 0.0058333 ≈ 3275. Capital final ≈ 609 × 3275 = 1 994 475 €. En prenant en compte un léger facteur multiplicatif (si les versements sont faits en début de mois), on arrive à environ 2 millions d’euros. (Note : nous simplifions, mais l’ordre de grandeur est de 2 millions d’euros réels, c’est-à-dire en euros constants de 1997.)

En comparaison, que lui promet le système par répartition ? Sophie pourra prétendre à une pension brute de l’ordre de 1 400 € par mois (base + complémentaire), soit 16 800 € par an, indexée sur l’inflation. Avec une espérance de vie à 65 ans de 22 ans, elle touchera au total environ 370 000 € sur toute sa retraite (en euros constants). L’écart est vertigineux : 2 millions d’euros de capital d’un côté, 370 000 € de revenus garantis de l’autre.

Pourquoi un tel écart ?#

Le rendement implicite du système par répartition pour un cotisant moyen est faible, voire négatif pour les générations nées après 1970. Selon une étude de l’Institut Montaigne (2022), le taux de rendement interne (TRI) de la retraite de base pour un salarié non-cadre né en 1980 est de 0,5 % par an. Pour un cadre, il tombe à -0,2 %. Autrement dit, les cotisations versées rapportent moins que l’inflation. L’investissement en actions, sur le long terme, capte la croissance mondiale et offre un rendement historiquement situé autour de 5 à 7 % par an au-dessus de l’inflation.

Voici un tableau comparatif des deux approches pour un salarié moyen (carrière 43 ans, cotisations totales de 609 €/mois constants) :

CritèreSystème par répartition (actuel)Capitalisation (ETF S&P 500)
Somme cotisée sur la carrière314 000 €314 000 € (placée)
Capital accumulé à la retraite0 € (droits à pension)~2 000 000 €
Revenu annuel à la retraite16 800 € (pension brute réelle)80 000 € (règle des 4 %*)
Rendement annuel impliciteEnviron 0,5 % (TRI Montaigne)7 % réel après inflation
Sécurité / GarantieGaranti par l’État, révisableDépend des marchés, pas de rente viagère
TransmissibilitéFaible (réversion sous condition)Totale au décès

*La règle des 4 % : en retirant 4 % du capital par an, ajusté de l’inflation, le capital a de très fortes chances de durer au moins 30 ans. Ici, 4 % de 2 millions = 80 000 € par an, soit plus de 6 600 € par mois.

Évidemment, ce calcul ne prend pas en compte la fiscalité ni les aléas de marché, mais il met en lumière le coût d’opportunité faramineux du système par répartition. Si vous souhaitez estimer votre pension future, commencez par simuler votre retraite avec nos outils.

Le vrai problème : la promesse de la répartition ne tient plus#

Le COR lui-même le dit : pour maintenir le niveau des pensions, le taux de prélèvement global sur les actifs devrait atteindre 34 % du salaire brut en 2070. Mathématiquement, cela signifie que les générations futures travailleront pour un salaire net amputé d’un tiers, uniquement pour financer les retraites. Ce n’est plus un contrat entre générations, c’est un transfert forcé.

Regardez cette analyse vidéo du COR 2026 sur BFM pour mieux comprendre les mécanismes.

Calendrier de la suspension de la réforme des retraites : frise chronologique montrant les dates clés du 1er septembre 2026 au 1er janvier 2028 avec les âges de départ par génération, les trimestres requis et les dispositifs carrières longues
Calendrier de la suspension de la réforme des retraites : frise chronologique montrant les dates clés du 1er septembre 2026 au 1er janvier 2028 avec les âges de départ par génération, les trimestres requis et les dispositifs carrières longues
, trimesters required, and long careers departure âges, using blue and terracotta color scheme, French administrative design style)

Les 5 stratégies pour compenser le naufrage du système par répartition#

Puisque le système ne tiendra pas ses promesses, vous devez agir maintenant pour vous constituer un complément de retraite. Voici une checklist de cinq actions concrètes, classées par potentiel de rendement et accessibilité.

1. Ouvrir un Plan d’Épargne Retraite (PER) et plafonner vos versements#

Le PER, créé par la loi Pacte, permet de déduire vos versements de votre revenu imposable dans la limite de 10 % de vos revenus professionnels (ou 4 113 € pour 2025, ce plafond évolue). Pour un contribuable imposé à 30 %, chaque euro versé ne coûte que 0,70 €. L’argent fructifie en franchise d’impôt jusqu’à la retraite. Une simulation simple : un versement de 200 € par mois pendant 20 ans sur un PER investi à 60 % en actions (rendement net de frais de 4,5 % par an) génère un capital de 77 000 €. Avec la carotte fiscale, l’effort est limité. Pour optimiser, choisissez un PER individuel en ligne (frais < 0,6 %) et une gestion pilotée à horizon. Découvrez comment ouvrir le PER le plus performant.

2. Investir en bourse via un PEA et un ETF monde#

Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) permet d’investir dans des actions européennes sans impôt sur les plus-values après 5 ans de détention (hors prélèvements sociaux). L’atout maître : un ETF MSCI World ou S&P 500 éligible PEA (via un réplicateur synthétique) offre un rendement annualisé de 8 % en nominal depuis 10 ans. Un investissement mensuel de 300 € sur un tel support pendant 30 ans produit un capital d’environ 450 000 €. C’est l’option la plus simple pour capter la croissance mondiale. N’attendez pas : même 50 € par mois lancés tôt font la différence grâce aux intérêts composés. Apprenez comment débuter en Bourse pour sa retraite.

3. L’assurance-vie : doser fonds euros et unités de compte#

L’assurance-vie reste le couteau suisse de l’épargne retraite. Pour un horizon de plus de 15 ans, une allocation 70 % unités de compte (actions, immobilier) et 30 % fonds euros sécurise le capital tout en maximisant le rendement. Les meilleurs contrats en ligne affichent un fonds euros à 3,20 % en 2025 et des frais annuels de gestion inférieurs à 0,6 %. Avantage méconnu : la fiscalité allégée après 8 ans (abattement de 4 600 € pour une personne seule sur les gains lors des rachats). Pour un versement unique de 50 000 €, un rendement moyen de 4,5 % net aboutit à 110 000 € après 20 ans. Utilisez notre comparatif pour choisir la meilleure assurance-vie.

4. Investir dans l’immobilier locatif (LMNP ou SCPI)#

L’immobilier procure des loyers réguliers et une valorisation à long terme. Le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP) permet d’amortir comptablement le bien et de réduire quasiment à zéro l’imposition des loyers pendant 20 à 30 ans. Pour ceux qui ne souhaitent pas gérer, les SCPI (sociétés civiles de placement immobilier) versent des dividendes trimestriels, avec un rendement net de 4,5 à 5,5 % par an. Par exemple, 40 000 € placés dans une SCPI de bureaux diversifiée rapportent environ 200 € par mois, indexés sur les loyers. À la retraite, ce complément de revenu n’est pas soumis aux cotisations sociales. Consultez nos simulations de revenus SCPI pour estimer vos besoins.

5. Anticiper le cumul emploi-retraite et prolonger votre activité#

Avec le nouveau plafond de cumul emploi-retraite porté à 7 000 € par an, vous pouvez désormais cumuler intégralement votre pension avec un petit revenu d’activité sans écrêtement. Pour les indépendants ou les salariés proches de l’âge légal, cela permet d’arrondir ses fins de mois sans perdre sa pension. De plus, chaque trimestre cotisé après l’âge légal ouvre droit à une surcote de 1,25 % par trimestre. Travailler 2 ans de plus peut majorer votre pension de base de 10 %. Pour en savoir plus, lisez notre article cumul emploi-retraite : toutes les nouvelles règles.

Frequently Asked Questions#

Q : Le déficit de 2,4 % du PIB en 2070 signifie-t-il que les pensions ne seront plus payées ?#

Non, le système par répartition ne peut pas faire faillite car l’État est souverain. Mais pour combler ce déficit, soit les cotisations augmenteront fortement, soit les pensions baisseront, soit l’âge légal sera relevé au-delà de 64 ans après 2030. Dans tous les cas, le niveau de vie relatif des retraités par rapport aux actifs se dégradera. La promesse d’un maintien du taux de remplacement à 75 % ne tient plus.

Q : En tant que salarié né en 1969, puis-je vraiment partir à 62 ans après la suspension de septembre 2026 ?#

Oui. La suspension gèle l’âge légal à 62 ans pour les générations 1968, 1969 et 1970 qui n’avaient pas encore atteint l’âge de la retraite au 1er septembre 2026. Vous devez toutefois avoir validé les 172 trimestres requis. Si vous ne les avez pas, une décote s’applique. Utilisez notre simulateur d’âge de départ pour vérifier votre situation exacte.

Q : Qu’est-ce que le « solde naturel négatif » et en quoi cela affecte ma retraite ?#

C’est le fait que le nombre de décès dépasse celui des naissances. Concrètement, il y aura de moins en moins d’actifs pour cotiser. Le ratio actifs/retraités va chuter, ce qui augmente mécaniquement le besoin de financement et pousse à la hausse des cotisations ou à la baisse des pensions.

Q : L’investissement en ETF est-il trop risqué pour préparer sa retraite ?#

Sur un horizon de 20 à 30 ans, la volatilité des actions a toujours été récompensée par un rendement largement supérieur à l’inflation et aux obligations. L’indice S&P 500 n’a jamais délivré de rendement négatif sur une période de 20 ans glissants. Le risque est maîtrisé si vous diversifiez et que vous n’avez pas besoin de retirer l’argent avant 10 ans. Il est prudent de réduire progressivement la part actions à l’approche de la retraite.

Q : Que penser du PER : est-ce vraiment intéressant fiscalement ?#

Le PER est très intéressant si vous êtes imposé à un taux marginal d’au moins 30 %. La déduction fiscale immédiate est un réel avantage, mais vous serez imposé à la sortie, à la retraite, où votre taux d’imposition sera souvent plus faible. De plus, l’épargne est bloquée jusqu’à la retraite, ce qui est un avantage pour ne pas céder à la tentation.

Q : Existe-t-il un moyen de connaître le montant exact de ma future pension avec les nouvelles règles ?#

Oui, en combinant le simulateur officiel de l’Assurance retraite avec les projections du COR, vous pouvez estimer votre pension. Notre outil simuler ma retraite intègre toutes les nouvelles dispositions et vous donne une estimation fiable en quelques minutes.

Conclusion : vous ne pouvez plus compter uniquement sur l’État#

Le rapport COR de juin 2026 est un document officiel qui enterre définitivement l’illusion d’un système de retraite à l’équilibre. Avec un déficit de 2,4 % du PIB en 2070, une démographie en berne et une suspension de la réforme qui aggrave le trou, le contrat social promis en 1945 ne pourra pas être tenu sans une hausse massive des prélèvements ou une baisse drastique des pensions. Pour les actifs nés après 1970, le rendement de la répartition est nul, voire négatif.

La seule réponse rationnelle est d’agir individuellement, dès maintenant, pour se constituer une épargne retraite complémentaire, idéalement en capitalisation. PER, PEA, assurance-vie, SCPI : les solutions existent et sont accessibles même avec 100 € par mois. L’enjeu n’est plus de savoir si le système va craquer, mais à quel moment et dans quelle mesure il vous affectera.

Pour connaître exactement le montant de votre pension et calculer le gap à combler, faites une simulation complète et gratuite.

Simuler Maintenant


Sources :

  • Rapport annuel du COR, juin 2026 PDF officiel
  • TF1 Info, 8 juin 2026, « Rapport du COR : le déficit des retraites aggravé » Article
  • Capital.fr, 13 mai 2026, « Suspension de la réforme des retraites » Article
  • Econostrum.info, 13 juin 2026, « Nouvelles règles carrières longues avant 1971 » Article
  • CNRACL, circulaire mars 2026 Page
  • INSEE, Bilan démographique 2025 Statistiques
#COR 2026#déficit retraites#réforme retraites#capitalisation#épargne retraite#âge départ

Equipe Simuler ma retraite

Fondateur, Simuler ma retraite

David, ingénieur et analyste financier, décrypte le système de retraite français avec les données URSSAF 2025 (dernières publiées) et des projections chiffrées. Il compare répartition et capitalisation pour vous aider à comprendre votre situation réelle.

Simulez votre retraite

Découvrez combien vous perdez chaque mois avec le système par répartition.

Lancer la simulation